Keep It Lockdown

Maître, The Saint, tu te rêvais inaltérable
Souhaitais ardemment qu’ici s’épanouisse
La clarté de la terre ; qu’avec délice bruissent
Paix et quiétude sous le tronc des érables
Que dans cette oasis le mal s’évanouisse


Ambitieux dessein, voué à l’insuccès ;
Car seul et dur tu fus ; j’avise tes errances
Ton exil mental mit le monde en déshérence
Malgré ta pureté je vis se révulser
La Terre qui me fit l’honneur de ma naissance


Je m’ébats aux cimes indomptables et pures
Desquelles ébahie j’avise l’horizon ;
Quand retentissent de funèbres oraisons
Quand le temple gémit et mon havre suppure
Quand depuis le gouffre je crains pour ma maison


Poignent à mon âme les douces mélopée
Qui offrent à mon ouïe leurs exquises splendeurs
Et font briller mes yeux du rai de leur candeur
Alors je me dévoue à la sombre épopée
Et ravive en mon sein, amour foi et ardeur


Un insondable mal ébranle le cosmos
Je fais miennes peurs, embrasse mes lacunes,
J’abîme l’excellence dans l’amène lagune
La paix affleure en moi, la terre est en osmose
L’univers reprend corps, les espoirs se rallument


La bête se disloque et retourne au néant ;
Sous les assauts fatals des forces de céans
Qui abondent en moi, en moi simple vaisseau


The Saint ! quand tu voulus ce fardeau porter seul
Négligeant secours tu eus creusé ton linceul
Et livré le monde à de funestes faisceaux


The Saint ! Toi ! Dive âme ! Enfouis sous les limbes
l’ancestral abandon qui flétrit tes étoiles
Chéris des souvenirs les transcendantes toiles
Prise de notre amour la patine et le nimbe
Vers le radieux zénith Ensemble faisons voile

 

Raphaël Gazelle